Dans cet article, j’ai décidé d’aborder un de mes sujets de prédilection. J’ai nommé : les plantes de Madagascar ! J’ai fait une sélection de 6 plantes que j’aime beaucoup et que l’on trouve en quantité à Madagascar.

Ca a été très dur de me limiter à seulement 6 plantes 😬 Lors de mon voyage à Madagascar en octobre 2019, j’ai beaucoup étudié la culture et l’usage des différentes plantes locales. J’ai appris plein de choses sur nombre d’entre elles et découvert certaines que je ne connaissais pas du tout. Du coup, j’avais envie de vous en présenter quinze … et puis j’ai vu la longueur de l’article que je me préparais à écrire 😅

J’ai donc sélectionné les 6 plantes qui ont le plus de sens pour vous, adeptes de cosmétique et santé naturelle, et pour Menaka. Ce sont des plantes que vous connaissez sûrement, qui peuvent s’intégrer dans votre quotidien de différentes manières. Elles font du bien à la santé, à la peau et au moral ! Elles ont toute leur place dans l’environnement malgache, pour nourrir la terre, les humains et les animaux 🐔

 

#1 COCO

 

A propos du coco

Les cocotiers poussent dans des sols sablonneux, souvent en bord de mer. Les noix de coco tombent sur le sol, sont happées par les vagues. Elles sont ensuite portées par les mers et océans jusqu’à d’autres rives pour donner de nouveaux cocotiers. Si bien que les cocotiers des plages d’Amérique du Sud peuvent être les bébés de cocotiers de la côte ouest africaine. La nature n’est-elle pas merveilleuse !?

Attention, le cocotier n’est pas un arbre ! Tout comme les palmiers, le bananier ou le ravinala (arbres du voyageur). Il ne possède pas de tronc mais une seule tige, recouverte des tiges précédentes qui sont mortes et se sont rigidifiées. Oui, c’est de la botanique, mais c’est intéressant pour Menaka @ vous allez voir pourquoi.

 

Utilisations du coco

L’huile de coco, pressée à froid (s’il vous plaît !) à partir de pulpe de coco, est riche en acide gras saturés. Bien que délicieuse, elle n’est pas vraiment adaptée à la nutrition : cholestérol bonjour !

Elle fait par contre des merveilles en cosmétique. Elle adoucit la peau et rend les cheveux souples et brillants. Elle a des vertus purifiantes, si bien qu’on la retrouve souvent dans des recettes de déodorants et dentifrices !

Le coco offre bien plus que l’huile. Avec la poudre pulpe séchée, on peut réaliser des gommages très doux. On peut extraire son sucre, meilleur pour la santé que d’autres sucres plus communs (betterave, canne) grâce à son indice glycémique bas. On peut même brûler les coques pour en faire du charbon et récupérer les fibre qui l’entourent pour les tisser !

 

Culture, éthique & environnement

Le cocotier offre un excellent rendement. L’être humain en a malheureusement profité pour le surexploiter. En région tropicale, des forêts  ont été rasées pour implanter des cocoteraies. Non seulement, on a détruit une biodiversité riche pour faire de la monoculture. Mais en plus, on est en train de remplacer le poumon de la planète par des arbres … qui n’en sont pas. Ahhhhhh 😱

L’huile de coco étant très peu chère, elle est utilisée à outrance là où on ne la voit pas. Et notamment pour remplacer l’huile de palme qui a si mauvaise presse. Si l’huile de coco pure est souvent vierge, bio et équitable, pas sûre que ce soit le cas de celle que l’on trouve dans les pâtes à tartiner “sans huile de palme” …

En cosmétique, de nombreux produits transformés d’origine naturelle sont obtenus à partir de l’huile de coco. C’est souvent le cas pour les huiles estérifiées dont je vous parlais dans un de mes décryptage compo. Comme en alimentaire, plus c’est transformé, moins la traçabilité est bonne.

A lire : Décrypter la compo d’une huile de soin

 

Coco & Menaka

Notre terrain ne possède pas de plage. Et il est hors de question de raser notre belle forêt pour y mettre une cocoteraie 🌳 On ne plantera donc pas de cocotier.

Dans la zone sèche et sablonneuse, une partie du terrain à reforester, j’ai quand même hésité. Peut-être qu’on y plantera quelques cocotier pour commencer à faire rapidement un peu d’ombre et attirer la biodiversité. Mais ce qu’il nous faut surtout, ce sont de vrais arbres dont les racines profondes sont beaucoup plus intéressantes pour le sol.

En revanche, l’huile de coco est une merveille en cosmétique naturelle. Et je sais qu’il existe de nombreux projets de culture durable du coco à Madagascar. Je vais donc faire en sorte de trouver des partenaires engagés afin de vous proposer une huile de coco malgache de qualité.

 

#2 CACAO

 

A propos du cacao

🎶 Cho-cho-cho-chocolat, ca-ca-ca-cacao 🎶

Le cacaoyer pousse dans des forêt tropicales humides. Il donne un gros fruit, dont on extrait les fèves. Elles sont ensuite fermentées, torréfiées et broyées afin d’obtenir la pâte de cacao. Puis on sépare cette pâte en deux : le beurre de cacao et la poudre de cacao.

 

Utilisations du cacao

C’est à partir de la poudre de cacao qu’on fait le chocolat. On y ajoute un bon paquet de sucre et on obtient notre friandise préférée. En cuisine, je préfère utiliser de la poudre brute dès que possible et ajouter du sucre à ma guise. La poudre a une légère capacité à colorer : on peut l’utiliser dans des soins cosmétiques pour les cheveux bruns ou encore pour faire du maquillage DIY.

Au beurre de cacao, on peut également ajouter des tas de sucre pour faire du chocolat (le chocolat blanc) ! Mais ce qui nous intéresse plus, c’est que comme de nombreuses les huiles et beurres végétaux vierges, le beurre de cacao a toute sa place en cosmétique. Il nourrit, protège et répare la peau. Il a la particularité d’être solide à température ambiante (c’est pour ça qu’on l’appelle beurre et non huile). Très utile en DIY pour obtenir une texture baume !

 

Culture, éthique & environnement

Depuis des siècles, en Europe, on adore le chocolat. On l’achète cher. Malheureusement, le business bien établi du cacao rémunère mal les producteurs. A Madagascar comme ailleurs, les conditions de travail sont difficiles et la main d’oeuvre est très peu rémunérée. Du cacaoyer à notre tablette choco-dessert, les intermédiaires s’empilent, spéculent et se gavent de marge.

Heureusement, il y a aujourd’hui de belles initiatives et un commerce plus équitable est en train de se développer. Le cacao fait partie des produits pour lesquels cela vaut vraiment la peine d’acheter équitable, se tourner vers des marques de confiance et éviter les produits transformés.

 

Cacao & Menaka

Notre terrain comporte une petite forêt tropicale, parfaitement adaptée à la culture du cacao ! Vous savez, celle qu’on ne va pas raser pour y mettre de cocotiers 🌴

On souhaite y faire de l’agroforesterie : densifier la forêt avec des arbres productifs (en produits alimentaires et cosmétiques). Sans bien sûr n’en couper aucun naturellement présent.

J’ai appris qu’à Nosy Komba, un île proche de notre terrain, un village avait développé un projet d’agroforesterie autour du cacao, de la banane et la vanille. J’ai hâte de découvrir tout ça et de pouvoir m’inspirer de ces belles pratiques ! Rando et vlog en prévision 🎥

 

#3 LA CITRONNELLE

 

A propos de la citronnelle

La citronnelle, pousse en touffe d’herbes très hautes, rugueuses et coupantes. Elle compte de nombreuses variétés. Pour les plus connues, il y a par exemple la citronnelle “winternianus” (de Java) ou encore “martinii” (le palmarosa).

La variété “citratus”, très répandue et utilisée notamment dans les infusions, a une myriade de noms différents. On l’appelle lemongrass, verveine des Indes ou tout simplement citronnelle. A Madagascar, on l’appelle citronnelle de Madagascar. Quoi, on est pas sectaires ! 😂

 

Utilisations de la citronnelle

L’utilisation bien connue de la citronnelle est de repousser les moustiques. Mais, vous vous en doutez, elle a bien plus à offrir. L’huile essentielle de citronnelle (de Madagascar 😉 est calmante, anti-inflammatoire et antiseptique. En infusion aussi, la plante est très intéressante, notamment pour la digestion. Et puis, que ce soit dans une infusion, un wok ou un curry : la citronnelle c’est super bon 😋

 

Citronnelle & Menaka

Nous avons planté des citronnelles de Java et de Madagascar sur le terrain. Les plantations sont encore très peu denses, mais Haja sera en charge de les multiplier une fois la saison propice et sa maison construite.

La citronnelle de Madagascar, nous l’avons piquée dans le jardin de la voisine (avec son autorisation, bien sur 😇). Il nous fallait un petit nom pour distinguer les deux citronnelles que nous avions planté. Et pour Haja, ce n’était pas logique de parler de citronnelle de Madagascar alors qu’elles viennent toutes les deux de Madagascar … (en y réfléchissant, ce n’est logique pour personne 🤔). Du coup, comme le quartier où l’on habite s’appelle Andilanaon l’a appelée « la citronnelle d’Andilana ». Ben quoi je vous avais dit qu’on était pas sectaires 🤣🤣

 

#4 YLANG-YLANG

 

A propos de l’ylang-ylang

L’ylang-ylang est un arbre star de Madagascar, mais plus particulièrement de Nosy Be, la grande île touristique au Nord du pays à côté de laquelle se trouve notre terrain.

Il donne une fleur jaune très odorante, dont le parfum est prisé depuis des siècles par les grandes maisons de parfumerie françaises. Il a probablement contribué à ce que Nosy Be soit surnommée l’île aux parfums. Nosy Be, prononcé Nocibé par les français (Nous’Bé avec mon vieil accent malgache 😁). Non, le nom de la fameuse boutique de parfumerie n’a pas été choisi au hasard !

 

Utilisations de l’ylang-ylang

Lors de la production d’huile essentielle d’ylang-ylang, les différentes qualités sont souvent séparées. L’huile essentielle issue des premières heures de distillation a une odeur délicate. Elle est vendue très cher en parfumerie. Les qualités suivantes sont généralement utilisées pour des parfums industriels (lessives, bougies, cosmétiques, …).

En aromathérapie et cosmétique naturelle, on utilise l’huile d’essentielle de « Ylang-ylang Complète ». Elle contient toutes les qualités mélangées et correspond donc à l’essence qu’on trouve naturellement dans la plante. C’est un excellent soin pour toutes les peaux et tous les cheveux. Elle est apaisante, aide à réduire l’anxiété et l’hypertension. Et à stimuler la libido, paraît-il. A tester !

 

Culture, éthique & environnement

La production d’ylang-ylang est probablement l’activité économique principale de Nosy Be (après le tourisme). On retombe alors sur une dérive classique : la monoculture. Des hectares de l’île sont dédiés à la production de l’ylang-ylang, à défaut d’autres espèces et au détriment de la biodiversité.

Hauts jusqu’à 25 m dans la nature, on coupe la tête de l’arbre au bout d’un an afin qu’il pousse à hauteur d’homme. On attache des poids à l’extrémité de ses branches afin qu’elles s’orientent vers le sol. Les ylang-ylang ressemblent alors à des araignées géantes et empêchent de cultiver quoi que ce soit d’autre au sol (cultures mélangées).

A lire : entreprendre à Madagascar

 

Ylang-ylang & Menaka

A un moment, j’ai eu le projet fou (ou l’obsession) de cultiver des ylang naturels. C’est-à-dire hauts de 25 m. Je m’imaginais mettre des cordes, échelles et systèmes d’accrobranche pour aller récolter les fleurs tout là-haut. En effet, je pense qu’un arbre dont on respecte parfaitement la structure naturelle donnera une essence plus riche. Et que la plus belle huile essentielle d’ylang-ylang de toute la terre pourrait être obtenue sur notre terrain. Folie des grandeurs quand tu nous tiens 🤩

Retour à la réalité. Dans un pays très peu industrialisé (💚), sur une île qui ne dispose ni de route ni d’électricité, il est très peu probable que nous puissions installer un système qui permette de récolter des fleurs à 25 m de hauteur en toute sécurité.

Nous avons planté quelques ylang, pas trop nombreux car leur culture est déjà très développée localement. Ils n’ont pas encore un an, mais lorsqu’on les fêtera, il faudra leur couper la tête pour qu’ils ne grimpent pas trop haut (ça me fait mal rien que d’y penser 😢). Je refuse tout de même qu’on les tire vers le bas : on laissera leurs branches se développer naturellement vers le ciel. D’ailleurs, on utilise déjà de l’espace disponible au sol pour faire des cultures mélangées (citronnelle, géranium, gingembre, légumineuses, …).

 

#5 RAVINTSARA

 

A propos du ravintsara

Le ravintsara, contrairement à ce que pourrait laisser croire son nom, n’est pas un arbre endémique de Madagascar. Il s’agit du camphrier, importé de Chine et implanté à Madagascar. Dans ces deux environnements, les arbres ont développé un profil aromatique radicalement différents : les molécules que contiennent leurs essences ne sont pas les mêmes. 

Les huiles essentielles de ravintsara (camphrier de Madagascar) et de bois de Hô (camphrier de Chine), n’ont donc rien à voir. Pour ceux qui les connaissent, vous avez probablement remarqué que leurs odeurs sont très différentes. Leurs propriétés médicinales et cosmétiques le sont également.

 

Utilisations du ravintsara

L’huile essentielle de ravintsara est une puissante anti-virale. Elle est bien tolérée par tous, enfants et adultes. Elle est aussi anti-infectieuse au sens large et peut par exemple aider à purifier la peau. Elle est tonifiante et stimule l’immunité : on peut l’utiliser pour se donner l’énergie le matin. Elle a également un effet rafraichissant pour l’haleine.

Il est aussi possible de consommer la feuille de ravintsara en infusion ! Comme pour toute infusion, les bienfaits seront similaires à ceux qu’offre l’huile essentielle mais beaucoup moins puissants.

 

Ravintsara & Menaka

Le ravintsara est aussi intéressant en agriculture qu’en médecine naturelle. Il pousse vite, tolère bien la sécheresse et son feuillage se développe rapidement. Il est répertorié comme l’un des arbres adaptés pour la reforestation à Madagascar.

Sur le terrain, une zone sèche où le sol est très appauvri jouxte la forêt. On m’a dit “rien ne pousse ici”. CHALLENGE ACCEPTED. Mon but ultime, c’est de rendre cette zone tellement aussi riche que la forêt adjacente. D’ici là, je serai devenue compost, mais ça ça n’a pas d’importance ! Grâce aux principes de la permaculture, j’ai plein d’idées pour arriver à mes fins. Ca implique notamment la culture d’arbre à croissance rapide comme le ravintsara.

A regarder : Quelques principes de permaculture (vlog à Madagascar)

 

#6 MORINGA

 

A propos du moringa

Le moringa pousse dans de nombreux pays d’Afrique. Encore plus que le ravintsara, il pousse très rapidement et résiste à la sécheresse. C’est donc un excellent candidat pour faire de la reforestation en climat tropical.

La magie du moringa, c’est que sa feuille est comestible. Elle peut être consommée fraîche ou sous forme de poudre (feuille séchée et broyée) et est très riche en protéines. Le moringa a donc un double avantage à être cultivé, dans des pays comme Madagascar où la sécheresse empêche les cultures vivrières pendant une partie de l’année.

 

Utilisations du moringa

Surnommé l’arbre de vie par les marketeurs, c’est en effet un arbre aux propriétés exceptionnelles. La poudre de moringa est très riche en protéines, vitamines et minéraux. On peut l’intégrer dans la cuisine ou la consommer comme complément alimentaire. Le goût est particulier mais dans des pancakes et des smoothies, j’aime bien.

Grâce à sa richesse en nutriments, la poudre est très utile pour la cosmétique. Un masque au moringa est plus efficace qu’un coup de botox (promis-juré-craché). J’aime beaucoup ce produit car il nous permet de prendre soin de nous à l’intérieur et à l’extérieur, avec une seule poudre !

Je sais que la fleur est également comestible mais je ne connais pas bien les usages. Les graines de moringa, quant à elles, donnent une huile végétale, riche en acides gras essentiels, excellente en cosmétique.

 

Moringa & Menaka

C’est une longue histoire d’amour … Tout d’abord, comme le ravintsara, le moringa est parfaitement adapté à la reforestation. Sachant qu’il donne une poudre cosmétique et nutritive d’exception, cela me paraissait évident qu’il fallait l’intégrer dans nos cultures.

Dès le début, j’en ai parlé à Haja et nous avons eu une grosse incompréhension. Il ne connaissait pas le terme moringa et j’en venais à douter qu’il soit cultivé à Madagascar. Et puis, lors d’une balade au marché aux plantes de Tana, je suis tombée sur un vendeur qui connaissait le moringa et m’a donné son nom malgache : ananambo.

Quand j’ai donné la traduction à Haja, son visage c’est illuminé. Bien sur, qu’il connaissait ! Il en avait mangé petit dans des plats traditionnels ou à même les arbres. D’ailleurs, nous avions même un moringa … juste là dans le jardin !

Haja a cueilli des graines de notre arbre et commencé les semis. Les jeunes arbres sont maintenant plantés sur le terrain ! Leurs racines vont apporter structure au sol et, grâce à leur croissance rapide, le moringa Made in Menaka devrait vite être disponible.

A regarder : Je plante mes premiers arbres (vlog à Madagascar)

En plus de tout ça, je trouve les branches de moringa très jolies ! Des feuilles simple, une structure géométrique très design et minimaliste. Si bien que j’ai décidé de l’utiliser pour le logo de Menaka ! Vous aviez reconnu, bien sûr !?

 

J’ai fait le tour de ma sélection de plantes pour aujourd’hui. Comme je vous l’ai dit dans l’introduction, j’aurais pu en liste 10 voire 20 de plus. Les plantes de Madagascar sont toutes plus géniales les unes que les autres. Certaines ne sont pas encore tendance dans les café parisiens (#avocadotoast) mais gagneraient à être connues. Peut-être que dans un prochain article je vous en proposerai quelques unes … il n’y a qu’à demander !

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