L’été arrive, chaque année plus tôt, et chaque année le soleil est un peu plus violent. Naturellement, il faut protéger sa peau et on opte pour une crème solaire. Protéger sa peau, oui. Mais il est de notoriété publique depuis maintenant plusieurs années que la crème solaire est un danger pour l’environnement. A travers le globe, d’innombrables coraux blanchissent chaque année et le lien avec notre utilisation massive de crème solaire lors de la baignade a été prouvé.

Comme toujours, le marketing green s’est emparé du sujet. On vous propose des crèmes solaires « respectueuses de l’environnement », « bonnes pour les océans » ou encore « qui sauvent les tortues » 🐢🙄. Malheureusement, ce n’est pas si simple (ce n’est jamais si simple).

Dans cet article, j’ai réuni les informations fiables que j’ai pu trouver à ce sujet. Je vous préviens, si vous cherchez une petite lecture légère et agréable, ce n’est pas le bon article pour vous. Si au contraire vous avez envie de mieux comprendre l’impact environnemental de votre utilisation de crème solaire, vous pouvez poursuivre votre lecture 🤓

 

LE SOLEIL, NOTRE MEILLEUR ENNEMI

Pour justifier l’importance de la crème solaire, on invoque souvent les dangers et méfaits du soleil. Etant une fan inconditionnelle du soleil, je ne pouvais commencer mon article comme ça. Rappelons-le, le soleil est indispensable à la vie. Chez les animaux que nous sommes, les rayons du soleil nous permettent de synthétiser la vitamine D. Dans notre société moderne, les carences sont fréquentes et peuvent causer fatigue, douleurs et déprime (entre autres).

Chez nos amis les plantes, le rayonnement lumineux permet la photosynthèse : processus par lequel les plantes absorbent le CO2 de l’air et rejettent de l’oxygène. Cette information n’est absolument pas pertinente dans cet article sur la crème solaire. Mais je souhaitais la placer car j’aime bien les plantes, le soleil et l’oxygène. Vous m’en voulez pas 😊 ?

L’avocat de la défense ayant plaidé son cas, abordons maintenant les méfaits du soleil sur l’être humain. Il y a d’abord les rougeurs, coups de soleils et brûlures causées par les rayons UVB du soleil. Il y a également le vieillissement prématuré de la peau causé par les UVA et, dans les pires cas, le développement de mélanomes (cancers de la peau).

 

LA CRÈME SOLAIRE, COMMENT CA MARCHE ?

Une crème solaire est un produit cosmétique qui utilise des filtres solaires pour protéger la peau des rayons UV. On distingue les filtres chimiques qui absorbent les rayons UV et les filtres minéraux qui les réfléchissent.

Une crème solaire indique sur son emballage son SPF : Sun Protection Factor ou indice de protection solaire. Par exemple, SPF 30 ou 50. Pour rigoler un peu (faut bien, car cet article n’est pas très drôle à écrire et je pense qu’il ne sera pas plus drôle à lire), laissez-moi vous expliquer la méthode pour calculer le SPF d’un produit de protection solaire.

Mettons que j’ai créé la marque de crèmes solaires Sun-Menaka. J’invite 10 de mes copines à prendre un café dans mon labo. Je les tartine avec ma nouvelle crème solaire. Je les allonge sur mon canap’ et je leur balance une lampe à UV (un truc très pro) sur le dos. Je lance mon chrono. Quand elles rougissent, j’arrête le chrono. Selon la durée moyenne qu’elles ont mis à rougir, avec et sans ma crème solaire, je calcule mon SPF. Plus la différence sera importante, plus l’indice sera élevé.

CECI N’EST PAS UNE BLAGUE. Je sais, on dirait. Mais je vous jure, je n’ai pas inventé cette technique dans ma salle de bain. C’est l’une des deux techniques autorisées par les autorités de santé pour pouvoir apposer « SPF X » sur un packaging. Si vous ne me croyez pas (moi-même, en écrivant, j’ai du mal à me croire), je vous invite à lire cet article du label de cosmétique bio Cosmebio qui explique la méthode :

A lire : Les questions les plus posées sur les crèmes solaires (Cosmebio)

A titre d’exemple, un produit dont le SPF est de 10 filtrerait 90% des rayons UVB, 96,67% pour un SPF 30 et 98% pour un SPF 50. Lorsque la méthode utilisée est celle mentionnée ci-dessus, on peut considérer que ces pourcentages sont une approximation … très grossière.

 

DES DÉRIVÉS DE PÉTROLE DANGEREUX POUR L’ENVIRONNEMENT

Il existe 27 filtres autorisés pour la formulation d’un produit de protection solaire. Il s’agit, pour 25 d’entre eux, de filtres chimiques. Ces ingrédients (oxybenzone, avobenzone ou octocrylène pour citer quelques charmants exemples) sont issus de la pétrochimie.

Certains d’entre eux sont dangereux pour notre santé : ce sont des perturbateurs endocriniens ou des photoallergisants. Une fois rejetés dans l’environnement, ils nuisent aux organismes vivants qui les ingèrent. Comme je vous l’expliquais dans ma vidéo sur le plastique, la présence de dérivés de pétrole dans les cosmétiques est une aberration environnementale.

A regarder : Moins de plastique dans ma cosmétique

Dans le cas des crèmes solaires, c’est encore pire. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’en se baignant dans la mer (ou un fleuve ou une rivière) on pollue directement les eaux. En effet, l’eau de notre douche, qui élimine les résidus de cosmétiques présents sur notre peau, rejoint un système d’épuration. Aussi imparfait soit-il, ce système permet de capter une partie de ces polluants pétrochimiques. Avant d’être rejetée dans la nature, l’eau est donc partiellement nettoyée.

Dans les circuits naturels, l’eau est filtrée par les graviers, le sable et la terre. L’action mécanique et bactérienne de cet environnement permet capter et éliminer les polluants, lorsqu’ils sont dans des quantités raisonnables. (Pour info, c’est le système qu’on essaie de reproduire en phytoépuration à Madagascar).

Lorsqu’on se baigne dans la mer, il n’y a aucun filtre. En 20 minutes de baignade, un quart de la quantité de crème solaire appliquée rejoint les eaux. Il n’y a alors aucune barrière, naturelle ou technologique, pour protéger les organismes marins de ces polluants auxquels ils vont être confrontés.

On a observé un impact direct des filtres solaires présents dans les eaux sur le blanchiment des coraux. Les quantités déversées dans les sites touristiques sont énormes par rapport à ce que l’environnement marin est capable de gérer.

 

LES FILTRES MINÉRAUX OU LE GREENWASHING SOLAIRE

Il s’agissait là des problèmes posés par les filtres chimiques. Parmi les 27 filtres autorisés, ils sont 25. Les deux autres sont des filtres minéraux : l’oxyde de zinc et le dioxyde de titane.

Pétrochimie décriée, les marques green n’ont pas attendu longtemps avant de surfer sur la vague de « l’origine naturelle ». L’oxyde de zinc et du dioxyde de titane le sont en effet : on les trouve dans des matières minérales formées naturellement dans les sols. En plus de bénéficier de l’appellation « d’origine naturelle », ils sont autorisés en bio. Du pain béni.

L’origine naturelle signifierait donc que ces ingrédients ne sont pas nocifs pour l’environnement … C’est que nous explique la responsable communication des laboratoires Biarritz (une marque de crèmes solaires bio), dans des propos relayés par le magazine Cosmopolitan :

« [L’oxyde de zinc et le dioxyde de titane] sont des minéraux, des composants naturels du sable, donc ils existent déjà à l’état naturel. […] Dans leur forme micronisée, [ils] ne sont donc pas toxiques, ni pour l’homme, ni pour la mer. » 

Source : Des solaires bons pour l’océan et la planète, Cosmopolitan, 26 juin 2019, www.cosmopolitan.fr

Vous connaissez sûrement déjà mon point de vue sur la question. L’origine naturelle est complètement hors de propos. Pour obtenir de l’oxyde de zinc, il faut utiliser des procédés de transformation industriels lourds (fonte, distillation, oxydation contrôlée). D’une part, ces procédés industriels sont coûteux en énergie, eau et production de déchets.

A regarder : Devenir Zéro Déchet … vraiment !?

D’autre part, sous prétexte que l’on trouve les matières premières minérales dans les sols, le produit serait alors d’origine naturelle et donc non polluant. Le pétrole, je le rappelle, se trouve lui aussi naturellement dans les sols. A ce titre, on pourrait qualifier les dérivés de pétroles de non polluants. Cool, tous nos problèmes sont réglés 🤗

 

LE PROBLÈME DES NANOPARTICULES DANS L’ENVIRONNEMENT MARIN

Les filtres minéraux dans les crèmes solaires posent un problème aux industriels : ils laissent des traces blanches sur la peau.  C’est moche. C’est pas la classe. Et quand le consommateur trouve qu’un truc fait moche et pas classe, il n’achète pas.

Heureusement, l’innovation technologique est là pour résoudre ce problème de taille. En micronisant ces filtres minéraux, c’est-à-dire en les réduisant en particules de très petite taille, on obtient des crèmes solaires qui ne laissent plus de traces blanches. Et comme d’hab, en trouvant une solution technique (pour le confort du consommateur), on crée un nouveau problème (pour l’environnement).

Au cours de ce processus, on crée des nanoparticules dont la taille est inférieure à 100 nanomètres. Qu’elles soient d’aluminium, d’oxyde de zinc ou de plastique, les nanoparticules sont problématiques. Elles sont si petites qu’elles peuvent traverser la barrière cutanée. Elles peuvent ensuite avoir des effets sur la santé, encore mal appréhendés par la science, comme perturber les hormones.

Les nanoparticules sont un problème pour la santé humaine, notamment sous forme de poudre ou d’aérosol. Intégrées dans un cosmétique liquide comme la crème solaire, elles ne pénétreraient pas dans notre organisme. Pas de souci de ce côté-là donc.

Cependant, une fois déversés dans les eaux lors de la baignade, les nanoparticules présentes dans les crèmes solaires sont intégrées par les organismes marins. On a notamment identifié leur impact sur les coraux et les mollusques. De plus, la capacité même de l’oxyde de zinc et dioxyde de titane à filtrer les UV détruirait une microalgue nécessaire au bon développement des coraux.

Les écosystèmes marins, aériens et terrestres sont tous interdépendants et relativement fragiles. Il est aujourd’hui compliqué d’affirmer scientifiquement que la surconsommation de tel produit est à l’origine de la disparition de telle espèce. Néanmoins, lorsqu’on déverse 14 000 tonnes de crème solaire dans les mers chaque année, il est fort probable que l’on perturbe fortement cet équilibre.

A lire : Crèmes solaire : l’imposture ! (Ambassade des Océans)

 

LES LABELS BIO : « GARANTI SANS NANOPARTICULE » ?

Les nanoparticules ont maintenant mauvaise presse. On nous propose donc des crèmes solaires naturelles et sans nanoparticule. Attention cependant, les exigences techniques des labels et les affirmations marketing affichées sur les packagings ne sont pas tout à fait la même chose.

Les labels de cosmétique bio régis par COSMOS Standards (Cosmebio, Ecocert, BDIH, …), ne garantissent pas l’absence de nanoparticules dans leurs produits. Cosmebio explique en effet pourquoi : « La réalité des faits est extrêmement technique et il est très difficile de savoir si un matériau est un nanomatériau ou pas ! » (et donc s’il contient des nanoparticules).

A défaut, les labels limitent le taux de nanoparticules autorisé dans les filtres solaires utilisés par les fabricants. Elles doivent représenter :

  • moins de 50% en nombre
  • moins de 10% en masse

Pourquoi ces valeurs critiques de 50% et 10% ? Arbitraires ? Je ne pourrais l’affirmer. Cependant, je n’ai trouvé nulle part une preuve ou même un soupçon qui justifie qu’un produit contenant moins de 50% / 10% de nanoparticules soit non toxique pour l’environnement marin. J’imagine la conversation des décisionnaires …

« Yo les gars, on met quoi comme limite. Faut bien mettre une limite. 10% ? 20% ?

– Oh, te prends pas trop la tête. De toute façon, pour tester les crèmes solaires, ils font ça avec 10 testeurs volontaires dans une cabine à UV. On va pas nous faire chier pour ça, déjà qu’on fait un effort.

– Ok, ben je mets 10 alors ? Ça sonne bien 10 non ? »

Si je soupçonnais les industriels d’être plus scientifiques et plus fourbes que ça, je pourrais me laisser aller à d’autres théories. Par exemple, peut-être a-t-on à un moment estimé le nombre de produits qui devraient être exclus des labels bio si on fixait la limite à X%. Et calculé la perte de revenu que cela représenterait pour le label. Car oui, les marques payent l’organisme certifiant pour obtenir un label. Et, grâce à un calcul savant, on a estimé qu’il serait acceptable économiquement de fixer la limite à 10% sans se mettre trop de monde à dos.

Bien entendu, tout ça n’est que pure spéculation. Les labels ont tout ma confiance. Après tout, c’est bio donc forcément éthique …

 

METTRE OU NE PAS METTRE DE CRÈME SOLAIRE

Voili, voilou, j’espère vous avoir bien plombé le moral ! A ce stade, vous vous dites peut-être que je suis une psychopathe qui voit le mal partout. On me le reproche souvent, j’appelle ça un défaut incorrigible … Néanmoins, j’ai peut-être planté quelques graines dans votre cerveau. Des pistes de réflexion. Ou l’envie d’éviter certains produits, dans le doute.

Quoi qu’il en soit, je n’allais pas vous abandonner comme ça sans vous proposer de solution ! Malgré mon défaut incorrigible, ce n’est pas mon genre. Mais la solution, pas sûre que tout le monde l’apprécie. Comme souvent quand il s’agit d’écologie : il faut changer ses habitudes.

Tout simplement : T-shirt-casquette à l’ombre des cocotiers, les amis ! L’ombre est un excellent filtre à UV 😎 garanti sans dérivé de pétrole et nanoparticule. Faire la sieste sous le parasol entre midi et 16 heures. Abandonner les concours absurdes de bronzage avec les copines.

Il s’agit d’un fais-ce-que-je-dis-pas-ce-que-je-fais tout à fait assumé. Il y a encore très peu d’année, je faisais mon 35 heures réglementaire sur la plage en mode steak haché, badigeonnée d’une version 100% pétrochimique de Monoï de Tahiti. Depuis, je me fais violence pour résister à l’appel du dieu Soleil. J’ai appris à apprécier l’ombre. Mes proches vous diront que je mens, mais je vous jure, c’est vrai.

Plus important, j’ai fait le choix de ne pas me protéger en toute conscience. Je suis d’origine malgache à moitié et j’ai la chance de ne pas prendre de coups de soleil. Cela ne signifie pas que je sois plus protégée que quelqu’un d’autre face au risque de cancer de la peau. Ça me protège juste de certains désagréments.

 

ET SI VOUS, VOUS DÉCIDIEZ DE METTRE DE LA CRÈME SOLAIRE

Si, après avoir lu cet article, vous considérez quand même qu’il est plus sage de mettre de la crème solaire, je vous dis bravo. Bravo de faire ce choix en conscience et de ne pas vous laisser influencer par une extrémiste qui se lave les cheveux avec des pois chiches.

Ça va vous paraître sarcastique, mais je vous assure que ça ne l’est pas (pour une fois). J’ai beaucoup de respect pour les gens qui font des choix clairs et assumés, quels qu’ils soient. Ayant du respect pour vous, je ne peux vous laisser sur votre faim. Je vous propose donc quelques pistes pour choisir votre crème solaire.

Le label Nature & Progrès, qui ne fait pas partie du groupement COSMOS Standard, labellise des produits de cosmétique naturelle. Sur le site de Nature & Progrès Hautes-Pyrénées, le groupe local indique interdire les nanoparticules. Vous pouvez donc trouver sur le marché des crèmes solaires labellisées Nature & Progrès, garanties sans nanoparticules. La bloggeuse Iznowgood vous en a listé certaines qu’elle a testé dans un article de blog :

A lire : Soleil & crème solaire bio (Iznowgood)

Je reste dubitative quant à la capacité de Nature & Progrès à garantir l’absence de nanoparticules quand COSMOS dit ne pas en être capable. Néanmoins, de manière générale, Nature & Progrès a une approche plus intelligente de l’agriculture et la cosmétique.

Là où les autres labels interdisent des substances et fixent des seuils à respecter, Nature & Progrès incite à un mode de réflexion raisonné dans le choix des fournisseurs et des matières premières. Pour dire les choses plus crûment, j’ai plutôt confiance en Nature & Progrès mais pas du tout en les autres labels cités.

 

Dans cet article, je vous ai donc partagé toutes les informations que j’ai à ma disposition et expliqué mes choix personnels. Comme je vous le disais, mon choix de ne pas utiliser de crème solaire m’appartient et il vous appartient de faire le vôtre. J’espère que cet article aidera à le faire en conscience.

Sachez également que j’utilise un produit DIY de ma création. Il s’agit plutôt de remplacer des produits bronzants dangereux (pour votre peau et pour l’environnement) qu’une réelle alternative à la crème solaire.

Dans le prochain article, je vous partagerai donc ma recette de « baume solaire ». Au fond, il est peut-être moins efficace qu’une crème solaire, peut-être plus. Peut-être lui-même aussi nocif pour l’environnement. Qui sait. Nous en parlerons en détail la semaine prochaine. 

 

POUR VOUS, CRÈME SOLAIRE OU PAS CET ÉTÉ ?

DITES-NOUS DANS LES COMMENTAIRES !

 

Sources
Le site de Cosmebio (www.cosmebio.org)

  • Les questions les plus posées sur les crèmes solaires
  • Protection solaire : Pourquoi choisir une crème solaire bio ?
  • Zoom sur les nanomatériaux, le Dioxyde de Titane et l’Oxyde de Zinc dans les solaires

Comment choisir sa crème solaire, CosmeticObs, 13 juin 2018, https://cosmeticobs.com

COSMOS Position on Mineral UV-Filters in Organic and Natural Cosmetics, 10 août 2016, COSMOS-standard AISBL, https://www.cosmos-standard.org/

Crèmes solaires : comme un poison dans l’eau, Nouvel Obs, 15 août 2015, www.nouvelobs.com

Les crèmes solaires sont nocives pour les océans (mais des alternatives existent), National Geographic, www.nationalgeographic.fr

Notre vision de la Bio, Nature & Progrès Hautes-Pyrénées, http://natureetprogres65.fr/

Processus de fabrication de l’oxyde de zinc, EverZinc Canada (GHC), www.ghchemicals.com

Sur Youtube :

  • La crème solaire est un poison pour les océans (Brut), https://youtu.be/0zhGQk9Ojp0
  • Crème solaire : les dessous de l’indice (La Quotidienne de France 5), https://youtu.be/rw7HVFPqx74
  • Loire-Atlantique : les crèmes solaires polluent abondamment l’océan (France 4 Pays de la Loire), https://youtu.be/ZGWs43dyKuw

 

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