|
| Projets Personnels |
|
 |
Miclot
Jean-Charles
La Bresse
e-mail
|
|
| |
|
|
Echange jeunes coopératif et
culturel La Bresse-Ménaka
Faisabilité d'un projet concernant l'élevage
|
L'élevage est l'une des premières ressources
de la population de Ménaka, et bien davantage pour les tribus du cercle
vivant dans le désert sahélien en totale autonomie mais dépendantes de
l'état des pâtures, de l'eau et du bétail bien entendu. Il est également
une source de nourriture directe et fondamentale pour la survie de ces
hommes ainsi qu'un des aspects majeurs de leur identité culturelle et
de valorisation sociale, notamment pour le peuple touareg, originellement
une société de pasteurs nomades. Il semblait donc intéressant et opportun,
à partir d'une étude de terrain, de se rendre compte si le projet jeunes
de coopération pouvait apporter une aide effective à l'élevage, et donc
aux hommes de Ménaka et aux alentours.
A Ménaka, le développement local est scindé en deux parties :
-le SLRC : Service Local de la Réglementation et du Contrôle.
-le SLACAER : Service Local d'Appui Conseil en Aménagement et Equipement
Rural.
Le SLRC
Entretien avec M. Aboubacar-H-Maïga,
vétérinaire et ingénieur d'élevage au SLRC.
Le SLRC est en charge de différents secteurs :
-Législation, police sanitaire, conditionnement phytosanitaire. Exemple
:
? inspection des viandes à l'abattoir. Mais l'abattoir construit en dur
n'est pas utilisé (problème technique, matériel ou humain, manque d'effectif
?), les animaux sont abattus et dépecés à même le sable, et lors de mon
unique passage en ce lieu d'abattage il n'y avait aucune personne exerçant
des contrôles.
? saisie dans les boutiques de nourriture avariée, j'ai pu voir quelques
pots de mayonnaise réquisitionnés. Les décisions de saisie sont laissées
à la seule appréciation de l'inspecteur sans aucun matériel d'analyse.
-Ressources de la pêche et pastorale. -Sociétés coopératives (légalité,
fonctionnement, moyen). -Qualité des vaccins (le SLRC n'est pas en charge
des campagnes de vaccination, elles dépendent du SLACAER).
-Délivrance des certificats sanitaires pour les migrations dans le pays
et du Certificat International de Transhumance, nécessaire pour les déplacements
dans la Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest.
-Suivi hebdomadaire du marché au bétail. ? décompte des effectifs présentés
et vendus par espèce.
? relevé du prix moyen des animaux.
? suivi zoosanitaire, mise en quarantaine des animaux malades. La structure
du SLRC et son rôle sont effectivement adaptés et indispensables à la
bonne marche de la conduite pastorale et surtout il constitue une veille
sanitaire garantissant la sûreté de certains aliments. Cependant cela
semble n'être qu'une belle théorie bien souvent irréalisable tant les
moyens font défaut, aussi bien au niveau du matériel que du personnel
(4 hommes pour tout le cercle, dont 3 à Ménaka), avec si peu de champ
d'action il est aisé de concevoir la lassitude et l'impuissance de ces
hommes malgré leurs compétences certaines et leur envie d'aider la population.
Mais , il m'est impossible malgré les renseignements obtenus et les observations
réalisées de jauger de la réelle envergure de leur action, qui est faible
quoiqu'il en soit.
Le SLACAER
Le SLACAER a une action plus directe
sur l'élevage et l'agriculture, alors que le SLRC a principalement un
rôle de contrôle sur ces structures.
-Agriculture :
- culture sèche : mil, sorgho, haricots.
- maraîchage autour de la mare, riz.
-Promotion des associations paysannes. Il existe beaucoup de groupements
féminins, assurant par exemple la transformation des produits laitiers.
-Elevage :
- santé animale (vaccination, traitement…).
- vulgarisation agricole auprès des éleveurs. ? hydraulique pastorale.
- parc de vaccination, contention.
-Partenariat avec SNV (programme Minika).
-Dépôts de produits et médicaments vétérinaires au niveau de certains
sites :
- Anouzagrène
- Inékar
- Akabar
- Inchinanane
Chaque site est sous la tutelle d'un gérant et d'auxiliaires, tous participant
aux campagnes de vaccination. Ce système a pour but le rapprochement des
soins et des éleveurs. Mais là encore le manque de moyens, matériel, véhicules,…limite
le champ d'action du SLACAER
Problèmes sanitaires majeurs :
-Manque cruel de vaccins dont les principaux sont :
- Pastovin (pasteurellose des petits ruminants).
- Antravax (charbon bactérien).
- Pastobov (pasteurellose bovine).
- Symptovax (charbon symptomatique).
- T1 (péripneumonie contagieuse bovine).
- Ovipest (Peste des ruminants).
- Dermapox (Chlavelée).
-Recrudescence de pasteurellose et de charbon symptomatique et bactérien.
-Problème de l'approvisionnement en eau pendant la saison sèche.
-Matière plastique dans les rues : amaigrissement voire mort, surtout
chez les petits ruminants.
Malgré tous ces problèmes, le cheptel est en augmentation.
Chiffres de 1997 ( les valeurs ont depuis augmenté) :
| |
Bovins
|
Ovins
|
Caprins
|
Chevaux
|
Anes
|
Dromadaires
|
Volailles
|
| Ménaka |
3660
|
65000
|
80000
|
30
|
12000
|
10000
|
|
| Anderamboucane |
2100
|
45000
|
60000
|
20
|
10000
|
13000
|
|
| Tidarmène |
880
|
28000
|
35000
|
-
|
7000
|
8000
|
|
| Inékar |
1140
|
30000
|
40000
|
-
|
10000
|
15000
|
|
| Total |
7780
|
168000
|
215000
|
50
|
39000
|
46000
|
8000
|
Comme dans le cas du SLRC, l'organisation
est adaptée et les hommes sont compétents, mais là encore la réelle incidence
de se service est difficile à mesurer, le manque de moyen est énorme,
on peux même parler d'absence totale de moyens ( un seul stéthoscope pour
tous) dans certains domaines.
Projet pour la multiplication de
la vache Azawak
Entretien avec Mohammed Ag Fallague
(dit Tayaba), animateur au projet zébu Azawak. Ce projet a pour but d'augmenter
le cheptel de la race locale de zébu azawak dont le nombre a chuté au
cours des dernières sécheresses. Cette race est l'une des 3 présentes
localement, les 2 autres étant le zébu peul et le zébu métisse (peul*azawak).
Il est financé en partie par un bailleur de fond belge qui m'est inconnu.
Les bâtiments sont déjà construits, et le personnel recruté, mais le projet
n'a pas encore débuté. Pour augmenter le cheptel, le projet va faire acquérir
de 800 génisses de 3 ans et demi et de 80 taureaux, tous répondant aux
caractéristiques de la race azawak.
Ces génisses seront fécondées et louées à 160 familles déjà sélectionnées.
Elles devront prendre soin de ces animaux pendant 4 ans, se porter garantes
de l'insémination par des taureaux azawak. Les veaux de ces génisses seront
ensuite loués à d'autres familles,…etc…Le remboursement du prêt se fait
donc par la production de veaux.
Il est impossible de juger de l'efficacité du projet (même si le principe
semble astucieux), tout simplement parce qu'il n'a pas encore débuté.
Conclusion
La gestion, la répartition des tâches
entre les différents services étatiques en charge des problèmes d'élevage,
d'agriculture, de police sanitaire…semblent être efficacement répartis
entre le SLRC, le SLACAER et le projet de multiplication des zébus azawak.
Dans l'hypothèse d'une aide par le projet de l'échange jeunes, celle-ci
ne pourrait donc pas être une assistance logistique, de formation, tout
simplement parce que les maliens en charge de ces mission sont compétents
et bien organisés et qu' une telle aide dépasserait largement nos capacités.
Tout au plus, l'aide que l'on pourrait leur apporter devrait être uniquement
financière ou en matériel, médicaments vétérinaires, et bien d'autres
choses encore. Mais ces interlocuteurs ne font pas partie de l'équipe
malienne du projet jeunes, une telle action dépasserait donc le cadre
de notre mission originelle, et quelle garantie obtenir de ces hommes
quand à l'utilisation éventuelle des fonds et matériels que l'on pourrait
être amenés à leur fournir. Ces hommes, comme tout un chacun savent saisir
les opportunités qui s'offrent à eux, et l'annonce de nos investissements
en terre malienne en est une.
Bien entendu, cette analyse est celle d'un occidental, loin des réalités
africaines, qui a observé le fonctionnement de divers services maliens
en le comparant inévitablement à ses habitudes de vie dans un milieu européen
financièrement favorisé et matériellement très bien équipé, comment alors
comprendre la réelle importance de ses services ?
Jean-Charles MICLOT
|